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Picardie
24 décembre 2011

le logement dédié aux personnes âgées

1. Le porteur du projet

Coordonnées complètes
Association départementale des services de maintien et d’hospitalisation à domicile du département de la Somme .(ADSMHAD)

Coordonnées complètes et fonction du contact
Docteur Casile Joseph, président, 252 rue de Cottenchy, 80000 Amiens.
Tél. 03 22 91 27 18
Port. 06 10 09 12 57
Courriel : acasile[@]wanadoo.fr

2. Le contexte

L’origine
Dans la majorité des cas,les personnes âgées souhaitent rester chez elles jusqu’à la fin de leurs jours. La finalité des SSIAD (services de soins infirmiers à domicile)est de les suivre à domicile quel que soit leur état de dépendance, physique ou psychique.C’est le regard des intervenants sur l’état des logements qui est à l’origine du projet.Dans nombre de cas, le logement est inadapté, voire dégradé ou indigne.Pour une prise en charge efficace au domicile,l’adaptation du logement existant constitue un élément déterminant pour la continuité des soins .

La finalité
Le projet de "logement dédié" est donc destiné à faire collaborer le secteur professionnel du bâtiment avec les coordinations des intervenants sociaux et médicosociaux pour adapter à la perte d’autonomie les logements des personnes âgées qui souhaitent continuer à vivre chez elles jusqu’à la fin de leurs jours.Ces logements resteront dédiés à des personnes âgées.

La description du dispositif
le projet est également destiné à favoriser les coordinations entre les services sociaux du maintien à domicile (SAD) et les services de soins (SSIAD), afin de fournir à la personne âgée les meilleures conditions de confort et de soins, dans son environnement habituel, entourée par les intervenants de proximité qu’elle connait bien.

Les acteurs
Ce projet initié par l’ADSMHAD et l’association "Ménage service" a nécessité de nombreux déplacements, rencontres,et réunions sur tout le territoire picard en 2009 et 2010.

Les axes prioritaires
-Un questionnaire adressé aux membres du CODERPA de l’Oise a permis de recueillir les réponses des seniors sur le choix du domicile, et les moyens àmette en oeuvre pour anticiper la perte d’autonomie. Le domicile était présenté comme une alternative à l’institutionnalisation, fondée sur le respect du choix de son devenir.Ce questionnaire a eu pour mérite de montrer notamment le déni du vieillissement dans les générations du "papy boom".

Parmi les actions entreprises par les SSIAD, des conventions ont été passées avec les SAD pour permettre aux professionnels intervenant au domicile de se connaître,dans le but d’optimiser les interventions.

Afin de mieux maîtriser les entrées et sorties d’hôpital, ainsi que la connaissance du parcours de soins en hospitalisation, une expérimentation du dossier e-santé est en expérimentation dans deux SSIAD du département.

  • Des réunions avec les infirmier(e)s libéra(ux)les ont permis de montrer la complémentarité des intervenants et de mieux préciser le rôle de chacun(e).

Dans les SSiad, la bientraitance repose sur :

  • le temps passé par les intervenant(e)s à domcicile : 50 minutes en moyenne pour les SSIAD, une heure pour les SAD.
  • le recueil etle respect des indications notées sur le dossier de suivi du patient ,
  • l’enquête de satisfaction,
  • le contact avec les familles,
  • les réunions de services,
  • les contacts avec les autres intervenants et la volonté commune de ne pas empiéter sur le domaine privé.

La transparence de l’offre de soins repose notamment sur la relations avec les professionnels de santé libéraux, le recours à l’hospitalisation à domicile( HAD) lorsqu’elle est nécessaire, ou aux consultations hospitalières plutôt qu’aux hospitalisations classiques, lorsqu’elles peuvent être évitées, le recours au réseau de soins palliatifs pour la fin de vie à domicile.Les aides soignantes des SSIAD bénéficient de formations régulières, organisées par leurs services et par l’ADSMHAD.

3. Le réalisation

La mise en œuvre
25 rencontres et réunions en 2009, 67 en 2010.Les difficultés rencontrées sont liées aux habitudes de fonctionnement prises par les différents services,à leur gouvernance qui ne prend pas suffisamment en compte les besoins des personnes âgées et qui se contentent de gérer des services de faible capacité, dans des structures polyvalentes, où le SSIAD ne constitue qu’une fraction invisible par rapport à l’ensemble. Ces services sont souvent réfractaires aux regroupements,face notamment aux propositions de créations de GCSMS. (groupements de coopération sociale et médicosociale).

Les hésitations des bailleurs de logements sociaux à s’investir dans des domaines non balisés, ou à s’impliquer dans des projets novateurs qui les amènent à sortir de leur mode de fonctionnement, nécessitent beaucoup de diplomatie et de patience .Les offices ont été contactés en premier, mais 64 % des personnes âgées vivent en milieu rural en picardie. Les maires et responsables d’EPCI ont été sensibilisés.Un cahier des charges du logement "type" est en cours de réalisation.Un comité de pilotage sous l’égide de l’agence régionale de l’innovation travaille actuellement à la rédaction du projet destiné au conseil régional, et étudie le plan de financement.Un projet de formation d’ aides soignantes par le biais de la VAE est en cours de montage avec les intervenants institutionnels : Unifaf, pôle emploi, Directte, conseil régional,IFAS (institut de formation d’aides soignantes). Il dépend également de la volonté de l’ARS (agence réionale de santé)d’aménager le PRIAC en développant de manière significative, progressive et continue la création de places dans les SSIAD, et en cessant de privilégier la création de places en institution.

Le calendrier
2009 et 2010 furent les années de la conceptualisation du projet avec les instances HLM, les élus municipaux, départementaux et régionaux,les architectes, les notaires et les banques.2011 doit être l’année de l’expérimentation.Actuellement la réflexion est menée avec l’ARI pour financer un chef de projet et trouver un financement pérenne pour une logistique autonome.

Comment et combien ?
En pratique, les coordinations et les conventions passées entre les services : SSIAD, SPASAD, HAD, MAD,SAMSAH,n’ont coûté que le temps passé à organiser rencontres et réunions et à finaliser les textes. En 2010 le conseil régional a financé un stage de 6 mois pour une étudiante en master II d’économie de l’UPJV (université picardie jules verne)qui a soutenu son mémoire sur ce thème. C’est l’ADSMHAD qui couvre les frais de déplacements et de réunions sur ses fonds propres.Elle est actuellement en recherche de partenariats pour le projet, en collaboration avec l’ARI.

La communication
La valorisation du projet repose sur la publication du mémoire,une autosaisine du conseil économique et social régional sur la dépendance (mai 2011) qui en reprend les grandes lignes,les comptes rendus du Coderpa de l’Oise, la rédaction d’un document de présentation adressé à tous les intervenants, la participation à des colloques,la présentation du projet sur le site de l’ADSMHAD : maintien-adomicile.com.,la réponse à un appel à projet AMI (appel à manifestation d’intéret) de l’ARI.

4. Et après

Les résultats
Actuellement toujours à l’étude, ce projet va être repris par l’office HLM de l’Oise.Sa plus-value repose sur le respect du choix de la personne âgée de rester à son domicile, véritable alternative à l’institutionnalisation,et sur le maintien du lien social et générationnel dans les quartiers et dans les villages.Il est le garant du maintien et/ou du développement des commerces de proximité,et de la création d’emplois : ilotage, accompagnement, animation, transports, valorisation de la formation des artisans du bâtiment( CAPEB, FFB). Ce projet est modélisable partout.Le cahier des charges tient compte des remarques des aides soignantes, des autres professionnels de santé et des familles, des architectes,des professionnels du bâtiment et des intervenants du domicile, concernant l’accessibilité, l’adaptatbilité progressive à la perte d’autonomie ou la localisation des logements déja existants , éligibles au projet.

Evaluation et suivi
L’évaluation commencera par le suivi des logements expérimentaux réaliés,destinés à des personnes âgées en perte d’autonomie et/ou dépendantes, maintenues dans leur milieu de vie ou à qui l’on proposera un logement adapté qui tienne compte de l’environnement habituel des personnes volontaires.Le projet d’expérimentation sera ensuite proposé aux particuliers dans les mêmes conditions.

Quelques conseils et témoignages
Tout d’abord, il faut changer de mode de pensée pour proposer des évolutions sociétales.

Il faut ensuite être tenace,car c’est plus souvent le silence qui répond à votre enthousiasme.Enfin, il faut apprendre à des professionnels de formations différentes, à se connaître et à travailler ensemble. Ce projet m’a apppris à voir que le secteur médicosocial et le secteur des services qui lui est naturellement complémentaire sont invisibles, car méconnus, mal étudiés, non valorisés par les pouvoirs publics alors qu’ils sont plébiscités par les usagers, au profit du lobby des institutions qui ont pignon sur rue,mais qui sont choisies la plupart du temps par défaut, dans l’urgence,et qui désocialisent les personnes âgées, en les coupant de leur milieu de vie.Le professeur Emmanuel HIRSCH dit ceci :"« plutôt que médicaliser, il faut socialiser. Les personnes âgées revendiquent une euthanasie médicale, car depuis longtemps il y a euthanasie sociale, liée à la perte de dignité ».

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