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Rhône-Alpes
26 octobre 2011

L’esthétique, un soin de support en milieu hospitalier

1. Le porteur du projet

Coordonnées complètes
Nom : Centre Hospitalier Georges CLAUDINON, service B2SSR, soins de suite oncologie et soins palliatifs
Adresse : Rue Paul Langevin, BP 59
42501 Le Chambon-Feugerolles cedex
Téléphone 04.77.40 11.11

Coordonnées complètes et fonction du contact
Nom : SUZAT Corinne Fonction : Cadre de santé
Tél. 04.77.40.11.17
Courriel : c.suzat@ch-claudinon.fr

Nom : DEBERT Sylvannie Fonction : Aide-soignante/art-thérape

Adresse : Centre Hospitalier Georges CLAUDINON, Rue Paul Langevin, BP 59, 42501 Le Chambon-Feugerolles cedex

2. Le contexte

L’origine
Le service de soins de suite concerné est sans cesse confronté à la problématique du soulagement de la douleur qu’elle soit physique ou morale avec des thérapeutiques habituelles classiques qui montrent parfois leurs limites.

Le projet que nous vous présentons tente, entre autre, de résoudre cette problématique ; il est encore en pleine évolution.

En 2002, l’idée a germé dans l’esprit d’une Aide-soignante du service à la suite de la diffusion d’un documentaire portant sur les des soins esthétiques proposés en milieu hospitalier. Puis en 2003, en accord avec la Direction de l’établissement, elle a débuté une formation d’esthéticienne détachée pendant 10 mois avec le concours financier de l’ANFH.

L’activité a débuté dans le service de soins de suite oncologie et soins palliatifs en juillet 2004 à hauteur de 20% financé par l’établissement.

En 2007, le temps de soins esthétiques est augmenté à 50% grâce à l’aide financière de la Ligue contre le cancer. Les soins de support, c’est-à-dire les soins esthétiques mais également l’art-thérapie et la sophrologie, sont intégrés au projet médical et au projet de service.

La finalité
Cette subvention de la Ligue contre le cancer nous a permis d’initier le projet et d’en démontrer la faisabilité et la valeur ajoutée dans les soins, mais surtout sa pertinence en amenant du crédit à cette idée d’aborder autrement la gestion des douleurs rebelles qui était notre objectif premier. Mais cela a ouvert des perspectives qui vont au-delà de cet objectif initial. En effet, nous nous sommes rendus compte que cela permettait des projets de soins personnalisés pour chaque patient, adaptés à leurs besoins avec des patients encore maîtres de leur choix jusqu’à la fin de leur vie.

En effet, la finalité du projet est de proposer aux patients des soins esthétiques afin d’apporter un dérivatif à la maladie et une réponse possible face à la douleur morale. Elle redonne confiance aux patients en valorisant l’image corporelle mais surtout l’estime de soi. Dans la phase actuelle du projet, les soins esthétiques sont proposés dans le service de soins de suite à l’initiative du projet. C’est un service qui accueille des patients relevant de la cancérologie et plus particulièrement des soins palliatifs, à savoir :

  • des patients en phase curative de consolidation (en inter-cure ou suite de cure),
  • des patients en phase palliative pour lesquels une rémission est possible grâce à des thérapeutiques actives,
  • des patients en phase terminale avec la mise en place d’un accompagnement privilégiant le confort de vie.

Ils sont également dispensés auprès de patients des autres services de soins de suite et des résidants de l’EHPAD dans le même établissement.

La description du dispositif
Afin de disposer de nouvelles thérapeutiques, lorsque les traitements dits « habituels » montrent leurs limites, la prise en charge des douleurs cancéreuses rebelles a connu différentes étapes dans le cadre du projet médical et du projet de service :

  • en 2004, par la proposition de soins esthétiques aux patients du service oncologie et soins palliatifs.
  • en 2007, par la mise en place et le développement de soins de support tels que les soins esthétiques et l’art-thérapie,
  • en 2009, par la mise en place et le développement de méthodes de relaxation, comme la sophrologie et l’hypnose qui sont eux aussi des soins de support.

Dans un premier temps, l’aide soignante formée en esthétique est intervenue dans le service de soins de suite oncologie et soins palliatifs de l’établissement au lit du patient. C’est un service qui compte 18 lits dont 8 dédiés aux soins palliatifs.

Ensuite, après avoir évalué les actions et les résultats dans ce service puis les besoins des autres services de l’établissement, il a été envisagé de proposer les soins esthétiques pour les patients de ces autres services.

Les acteurs
Une Aide-soignante du service est à l’initiative du projet. Ensuite le projet s’est monté avec l’équipe soignante du service en accord avec la Direction des soins et la Direction de l’établissement. L’objectif est d’intégrer à part entière ce soin de support aux soins dits traditionnels dans le cadre d’une prise en charge globalisée et donc coordonnée avec l’équipe soignante dont l’esthéticienne fait partie.

Les axes prioritaires
es actions visant à garantir le respect des droits des patients dans le cadre des nouveaux modes de prises en charge (TIC, exercice regroupé…),

  • L’implication des professionnels de santé dans la promotion des droits des patients,
  • Les dispositifs incitant à promouvoir la bientraitance et la qualité de service dans les établissements de santé,

3. Le réalisation

La mise en oeuvre
Les difficultés rencontrées se résument à des questions d’ordre budgétaire. En effet, afin de pérenniser le projet il a été indispensable de trouver des financements afin d’augmenter le temps d’esthétique à 50% pour l’Aide-soignante formée. C’est la Ligue contre le cancer qui a financé ce poste pendant deux ans puis la Direction de l’établissement a pérennisé cette activité.

Par contre, pour l’aide-soignante, il a été un peu compliqué au début d’harmoniser ses deux activités d’esthéticienne et d’aide- soignante . En effet, lorsqu’elle était esthéticienne elle était souvent tentée et sollicitée afin d’aider ses collègues ce qui lui a posé des problèmes de positionnement au sein de l’équipe. Cette difficulté a perduré à peu prés une année. Aujourd’hui, l’équipe soignante a pleinement conscience de l’importance des soins esthétiques pour les patients ce qui encourage les porteurs du projet et la Direction à poursuivre dans cette voie novatrice.

Le calendrier
Le projet de pérennisation des soins esthétiques s’inscrit dans les orientations stratégiques du service afin d’améliorer la prise en charge globale du patient grâce au développement des soins dit « de support » programmé depuis 2003 :

  • 2003-2004 : Formation d’une aide-soignante aux soins esthétiques. (Financée par l’ANFH)
  • 2004-2007 : L’établissement finance l’activité « soins esthétiques » à 20%, le matériel est fourni par l’association HELIOTROPE depuis 2005.
  • 2007 : Mise en place et développement des soins de support en accord avec le projet médical et le projet de service.
  • Décembre 2007 : Inauguration de la nouvelle cabine de soins esthétiques (financée par l’association HELIOTROPE)
  • Janvier 2008 : Le temps « soins esthétiques » est augmenté à 50% grâce au financement de 30% supplémentaires par la Ligue Contre le Cancer pour une durée de 2 ans.
  • Janvier 2010 : Pérennisation de l’activité proposée à tous les patients de l’établissement.
  • Avril 2011 : Présentation du projet « soins de supports » au 23ème colloque infirmier de la Loire au Zénith de Saint-Etienne.

Comment et combien ?
La pérennisation du projet a nécessité deux étapes : la formation d’une aide-soignante à l’esthétique, puis le financement durable de cette activité à 0,5 ETP.

Actuellement, les soins esthétiques se déroulent en complément et en collaboration avec les activités de soins habituelles du service. En répondant au souhait du patient, ils apparaissent comme un élément essentiel de la prise en charge globale de celui-ci.

L’esthéticienne est une soignante, elle participe aux relèves et aux réunions de synthèses pluridisciplinaires hebdomadaires pour échanger avec les autres membres du personnel soignant.

L’information sur la possibilité de bénéficier de ce type de soins est donnée au patient à son arrivée dans le service (plaquette et/ou information orale). De plus, l’esthéticienne rencontre tous les patients pour un premier contact. L’esthéticienne dispose d’une cabine identique à une cabine de salon d’esthétique de ville. Elle se trouve dans le service et a été financée par l’association Héliotrope. De plus, pour les patients trop fatigués qui ne peuvent ou ne souhaitent pas se déplacer, l’esthéticienne se rend à leur chevet équipée d’un guéridon avec tout le matériel nécessaire pour prodiguer des soins de qualité.

Différents partenaires nous ont aidés et nous aident encore à monter et à pérenniser le projet, comme :

  • La Ligue contre le cancer qui nous a permis de financer le salaire à mi-temps de l’aide -soignante formée à l’esthétique pour une durée de 2 ans.
  • La société SOTHYS qui fourni gracieusement les produits nécessaires aux soins et les produits cosmétiques, sans aucune publicité, ce qui permet une totale gratuité de ceux-ci.
  • Mais aussi, avec le soutien de l’association HELIOTROPE, fondée en janvier 2005 à l’initiative des membres de l’équipe soignante du service oncologie et soins palliatifs. L’objectif de cette association est d’améliorer la prise en charge des patients accueillis et de leur entourage. HELIOTROPE a déjà conduit plusieurs projets dans l’établissement : création d’un salon des familles, installation de télévisions et réfrigérateurs dans les chambres, ateliers de lecture, cabine esthétique, matériel pour l’activité d’art-thérapie etc…Elle a le souci de développer la lutte contre la douleur et d’améliorer la prise en charge des patients en fin de vie et l’accompagnement de leur famille.

Les soins esthétiques s’inscrivent pleinement dans cet objectif. En effet, ils touchent sans bruit à la profondeur de l’être pour prendre un sens profond dans la relation d’aide. La rencontre esthétique est un espace où peuvent se succéder, des moments de silence, de détente ou de partage et parfois des moments de relations secrètes insoupçonnées par le patient lui-même. En effet, les mains de l’esthéticienne peuvent se faire berceau ou cocon et le fait de se laisser toucher va permettre au patient de réapproprier ce corps abîmé, meurtri par la maladie et les soins souvent invasifs. Ce sont aussi souvent des moments de douceur, surtout lorsque les soins sont réalisés en cabine, le patient ne croit alors plus être à l’hôpital et il va souvent lâcher prise pour aller parfois jusqu’à l’endormissement.

En somme ils apportent :

  • Des moments de détente et de mieux-être,
  • Un moyen d’expression et de communication différent,
  • Un dérivatif à la maladie,
  • Une réponse novatrice aux besoins et attentes des patients,
  • Une alternative à la prise en charge habituelle de la douleur morale,
  • Un support pour une prise en charge de la souffrance psychologique intégré au parcours de soins cliniques.

La communication
Le 14 avril 2011, le projet des soins de support, dont les soins esthétiques font partis, en service de soins de suite cancérologie et soins palliatifs a été présenté au Zénith de Saint-Etienne lors du 23èmecolloque en soins infirmiers de la Loire afin d’informer les structures intéressées par la mise en œuvre de ce type d’activités. Il a remporté un vif succès, depuis ce jour de nombreux retours positifs et contacts ont eu lieu avec des infirmières et des cadres de santé de différents horizons (prise en charge de la SLA, prise en charge des personnes âgées, Instituts de formation en soins infirmiers….), ce qui nous encourage à poursuivre dans cette dynamique de communication en répondant favorablement aux diverses sollicitations.

C’est dans ce contexte que le projet sera présenté le 22 septembre 2011 aux journées de coordination Nationale des centres SLA à SAINT-ETIENNE et le 14 Novembre à l’IFSI de la Croix rouge de SAINT-ETIENNE pour les étudiants de 3ème année.

De plus, nous avons, à de nombreuses reprises, contacté la presse locale afin de communiquer sur ce projet qui nous tient très à cœur.

4. Et après

Les resultats
Ce type de soins vient en complément des soins dits « traditionnels » et répond entre autre à un besoin de revalorisation de l’image, de l’estime et de la confiance de soi.

C’est pourquoi nous sommes heureux de pouvoir proposer aux patients accueillis dans notre structure, ces soins à visée thérapeutique qui leur permettent à la fois de se retrouver, de se réapproprier ou d’accepter ce corps qui les fait souffrir et d’être enfin soulagés.

Nous avons donc rapidement envisagé de pérenniser ces soins dans notre service pour ensuite la généraliser à tous les services de l’établissement à la demande des patients, ce qui est le cas aujourd’hui.

Evaluation et suivi
Afin d’évaluer la qualité de ces soins mais également le nombre de patients pris en charge, l’esthéticienne tient à jour un journal de bord qui lui permet d’établir un suivi de son activité. Elle la trace également dans chaque dossier de soins des patients par le biais d’une fiche de relève qui permet à l’équipe d’en prendre connaissance pour une bonne cohérence du projet de soin personnalisé de chaque patient.

C’est ainsi que nous pouvons évaluer sur un plan quantitatif cette activité :

  • En 2008, 578 soins ont pu être réalisés sur tout l’établissement.
  • En 2009, 595 soins
  • Et en 2010, 494 soins, une petite baisse en lien avec la formation en art-thérapie de cette même aide-soignante, qui a légèrement empiété sur son temps esthétique.

Pour apprécier la qualité des soins proposés en esthétique, les nombreux témoignages de satisfaction des patients et de leurs familles parlent d’eux même, de plus les soignants des services concernés ont également à de nombreuses reprises fait part des effets très positifs de ces soins sur la douleur morale des patients.

Et enfin, chaque année l’esthéticienne rédige un rapport d’activité qui est fourni à la direction des soins et à nos partenaires dans un souci de transparence et de partage.

Quelques conseils et témoignages
Il faut sans aucun doute faire preuve de persévérance, de motivation, de courage pour aller de l’avant et déployer des trésors de créativité et de « culot » pour taper aux portes sans complexe ni censure.

Mais c’est possible, c’est même enthousiasmant, il faut y croire car les bénéfices pour les patients et les familles vont au-delà des espérances attendues.

Les soins de supports ne ce substituent pas aux soins, ce sont des « plus » mais qui font toute la différence.

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