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Rhône-Alpes
4 décembre 2014

Création d’une salle "temps libre" par et pour les usagers

Objectifs
Un espace appelé « salle temps libre » a été mis à la disposition des jeunes adultes en situation de handicap accompagnés par le Centre d’Education Motrice (CEM) de l’Accueil Savoyard. Elle est gérée par leurs soins, dans une perspective d’autonomisation.

Le porteur du projet

Coordonnées de la structure :

Accueil Savoyard

261 route de la Doria BP 20021

SAINT ALBAN LEYSSE 73232

Type de la structure :
établissements de santé

Coordonnées du contact

RIGATO PAUL

Qualité : DIRECTEUR GENERAL

Téléphone professionnel : 0479336262

Courriel : paul.rigato@accueil-savoyard.org

Fax : 0479750361

Le contexte

L’origine
Le CEM est un établissement qui s’adresse à des enfants et des adolescents en situation de plurihandicaps ou de polyhandicap. Ces jeunes sont accompagnés par un grand nombre de professionnels, et prennent part à de nombreuses activités, quelles soient rééducatives, de soins, éducatives… Le passage à une structure pour adultes peut s’avérer difficile pour certains jeunes, qui se trouvent démunis face à de nombreuses périodes de « temps libre ». Il apparaissait important de préparer ces jeunes adultes à leurs vies futures, et d’effectuer un travail d’autonomisation. Des phases de « temps libre », dont ils disposent comme ils le souhaitent, et lors desquels les jeunes ne sont pas supervisés par un professionnel, ont été instauré. Une « salle temps libre » a été dédiée spécialement à cet usage, permettant aux jeunes d’avoir un lieu repéré dont ils peuvent disposer à leur guise. Il a cependant fallu investir la salle et s’assurer de donner vie à ce projet.

La finalité
La présence d’une telle salle leur permet de se retrouver ensemble, sans être supervisé par un adulte, et donc de bénéficier de temps d’autonomie. Par le biais d’un règlement de fonctionnement, qu’ils ont eux-mêmes élaborés, ils reconnaissent leurs responsabilités concernant le bon fonctionnement du projet. Les jeunes sont donc directement impliqués dans leurs projets de vie, et ce projet favorise l’expérience et l’apprentissage de la citoyenneté. La « salle temps libre » est l’occasion d’un travail éducatif autour des libertés, de la vie en collectivité, de l’autonomie et de la responsabilité. Ce projet participe également à la promotion de la bientraitance, en ce sens qu’il permet de donner de l’autonomie aux jeunes qui en ont les capacités. Ils expérimentent, dans un cadre protégé, un lieu de liberté.

La description du dispositif
Le dispositif consiste en une salle dédiée et identifiée, au sein du centre d’éducation motrice. Afin de s’approprier la salle, les jeunes, accompagnés par deux professionnels, ont organisé plusieurs rencontres. Les jeunes se sont largement mobilisés autour de ce projet. Les différentes rencontres ont permis de donner un nom à cette salle, afin de la rendre facilement identifiable : la salle temps libre. Un règlement de fonctionnement a été élaboré, décrivant les droits et devoirs de chacun, quant à l’utilisation de la salle. La salle a également été équipé avec du matériel de loisirs, et un nouveau mobilier. Ce sont les jeunes qui, à l’aide d’un questionnaire, ont décidé de la décoration de la salle. Ils ont eux-mêmes construit un budget pour évaluer les dépenses, et ont porté le projet devant la direction. L’investissement des jeunes a permis de donner du sens et de la vie à cette initiative.

Les acteurs
Le projet a été porté par 12 jeunes qui ont participé à l’organisation et l’aménagement de cette salle. Ils se sont largement investis, par le biais de séances de travail, et mobilisés autour de ce projet. Des jeunes n’ayant pas de temps libre dans leurs emplois du temps, ont été partie prenante, imaginant pouvoir un jour en bénéficier. Ils ont été accompagnés dans cette démarche par une psychologue et un éducateur spécialisé. 6 séances de travail ont été planifiées. Elles ont permis l’élaboration d’un règlement intérieur, l’édition d’un questionnaire concernant la décoration des lieux, la budgétisation des demandes et la présentation à la direction de la démarche, et de la négociation des moyens à allouer.

Les axes prioritaires :

faire converger les droits des usagers des structures de soins, sociales et médico-sociales, notamment au travers de la participation des représentants des usagers et des usagers (CRUQPC, CVS) et de la mise en place de dispositifs expérimentaux adaptés aux parcours (organisation territoriale pour l’exercice des droits, impliquant les établissements, les conseils généraux, les ordres et organisations professionnels, les agences régionales de santé,… )

La réalisation

La mise en oeuvre
Eléments facilitateurs :

Les usagers ont largement participé à la réalisation du projet. Ils se sont investis afin de faire vivre le projet, et c’est grâce à eux qu’il a pu être mené à bien. Le groupe de travail été basé sur le principe du volontariat, ce qui a permis à chacun d’y apporter ce qu’il souhaitait.

La salle était déjà disponible et identifiée. Même si elle était peu utilisée, son principe était déjà présent dans les esprits.

Difficultés rencontrées :

Afin de pouvoir réunir l’ensemble des participants, les réunions ont parfois été menées sur des temps de classes ou de rééducations. • Comment s’exerce la responsabilité des professionnels et de l’établissement vis-à-vis des jeunes ? Il a donc fallu clarifier la situation du point de vu du droit.

C’est un travail permanent d’autonomisation et de responsabilisation et en ce sens les professionnels doivent rappeler les règles de fonctionnement, et s’assurer qu’elles sont respectées.

Le calendrier

Projet initié en :
2012

Projet mis en œuvre en :
2014

Comment et combien ?
Un lieu doit être mis à disposition des bénéficiaires et il doit leur être entièrement dédié. Afin d’aménager la « salle temps libre », un budget a été élaboré et proposé à la direction qui l’a validé. Cela permis d’acquérir le mobilier, les appareils électroniques et les objets de décoration et de loisirs qui meublent désormais la salle. Le budget a été financé par l’intermédiaire de dons (familles – associations). Ce travail a également demandé l’implication des jeunes et de deux professionnels, lors des rencontres.

La communication
Communication interne : un document reprenant l’ensemble de la démarche a été élaboré, et il permet à chacun d’être informé sur la « salle temps libre », ses modalités de fonctionnement et son organisation. L’ensemble du travail effectué a fait l’objet de présentations aux professionnels, grâce à la diffusion des comptes-rendus. Il apparait essentiel au bon fonctionnement du projet que les salariés aient également à l’esprit la présence de cette salle.

Et après

Les résultats
Les usagers bénéficient directement de l’instauration de cette salle. Elle est pour eux un espace de liberté, un lieu d’échange et de convivialité, même si parfois ils peuvent remettre en question ce cadre. C’est un travail éducatif, qui doit être appréhendé sur le long terme. Le projet est transposable dans d’autres établissements, et, bien qu’elle demande la mise à disposition pérenne d’une salle, elle permet également aux usagers de s’approprier un lieu qui leur est dédié, au sein de la collectivité.

Évaluation et suivi
Ce projet ayant été mis en place cette année, il est encore tôt pour en tirer un bilan approfondi. Il semble que les jeunes se sont largement emparés du projet, et font vivre la salle. Un bilan sera dressé après cette première année d’utilisation, mais des réajustements ont eu lieu au cours de l’année. L’évaluation va naître du constat de l’utilisation de la salle. Cette dernière a été réinvestie. Les professionnels restent attentifs concernant son utilisation. C’est également l’utilisation du matériel, et le respect de ce dernier et du règlement de fonctionnement qui donnera des indications sur l’autonomisation et leurs capacités à respecter les règles au profit du groupe.

Quelques conseils et témoignages
Mettre en œuvre ce projet demande une large implication des usagers, puisqu’ils en sont les seuls utilisateurs. La motivation des jeunes a permis la réussite du projet. Afin de permettre la réalisation de ce projet, il semble important de laisser aux usagers une large part d’autonomie et d’initiative, même si leurs difficultés, liées à des plurihandicaps sévères ne le favorise pas d’emblées. La mise en œuvre concrète est réalisée par les professionnels qui veillent à ce que les jeunes puissent s’exprimer sur le projet, et faire part de leurs envies. Il a fallu veiller à ce que le nombre de séances de travail ne soit pas trop élevé, pour éviter l’essoufflement du projet au regard de la fatigabilité des jeunes.

En région

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