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Champagne-Ardenne
3 décembre 2012

Accès aux soins et prise en compte de la douleur pour des adultes accueillis en Foyer d’Accueil Médicalisé

1. Le porteur du projet

Coordonnées complètes
Association Le Bois l’Abbesse
Chemin de l’Argente Ligne
52100 SAINT DIZIER

Coordonnées complètes et fonction du contact
HANSER Denise Chef de Service F.A.M. 
Tél. 03.25.96.04.31
Courriel : Cds.fam@bois-l-abbesse.fr

2. Le contexte

L’origine
Ce projet a émergé pour faire face à la difficulté des usagers à exprimer leur douleur et à accepter des actes médicaux de base.

La finalité
Ce projet vise à permettre le repérage et la prise en compte de la douleur et à favoriser l’accès aux soins pour tous. Il s’inscrit dans une démarche de garantie de la bientraitance. L’objectif à long terme étant de pouvoir emmener les usagers sans crainte en consultation médicale à l’extérieur.

La description du dispositif
L’ensemble des usagers du Foyer d’Accueil Médicalisé est visé par ce projet, qui constitue par ailleurs un véritable appui à la pratique des professionnels.

Les acteurs
Ce projet a émergé suite à des constats émis par la Chef de Service et l’Infirmière. L’ensemble de l’équipe a été associée à l’élaboration et à la mise en œuvre du projet : Aides-Soignantes, Aide-Médico-Psychologiques, Educateurs Spécialisés, Moniteurs Educateurs, Pyschologue.

Les axes prioritaires
Renforcer et préserver l’accès à la santé pour tous. Promouvoir la bientraitance et la qualité de service en établissement médico-social.

3. Le réalisation

La mise en oeuvre
Le projet s’est déroulé en 2 étapes :

  • évaluations des expressions physiques et faciales et utilisation des grilles d’évaluation de la douleur.
  • préparation aux soins.

L’ensemble de l’équipe s’est mobilisée et impliquée tout au long de la mise en œuvre du projet (groupe de travail, travail en binôme…). Les usagers participent à la mise en œuvre du projet en fonction de leurs moyens, les représentants légaux qui nous délèguent la mission de soins facilitent la mise en œuvre des expériences. La principale difficulté rencontrée réside dans handicap des usagers. Les adultes présentent une déficience intellectuelle et un autisme. Ils ne sont pas en capacité de lire, d’écrire ou de comprendre les concepts. Ils n’ont pas ou très peu connaissance de leur schéma corporel, voire pas conscience de leur corps. Le droit incontestable aux soins est souvent limité par le comportement des personnes elles-mêmes quand elles refusent le soin qu’elles ne comprennent pas, font preuve d’une anxiété pouvant se traduire par une fuite physique, des cris, des pleurs, des coups ou des gestes d’automutilation. Le manque de temps a aussi pu ralentir la mise en œuvre du projet.

Le calendrier
La réflexion s’est initiée en octobre 2011 sous l’impulsion de la Chef de Service. La période d’octobre à décembre à été consacrée à la recherche et au choix d’outils d’évaluation. Depuis janvier 2012, les observations et évaluations sont mises en œuvre et sont toujours en cours.

Comment et combien ?
Axe 1 : évaluations des expressions physiques et faciales et utilisation des grilles d’évaluation de la douleur. L’équipe (12 professionnels) a consacré 8 heures de travail au choix des outils. 27 heures ont été consacrées à l’évaluation des expressions de 18 usagers. 45 heures ont été mobilisées pour établir les grilles de référence (12 professionnels médico-éducatif, l’infirmière 18 usagers)

Axe 2 : Préparation aux soins 9 heures par mois pour l’infirmière soit 54 heures de janvier à juin pour les 18 usagers.

La communication
Il est envisagé au terme de ce projet une publication écrite via le CREAHI (Le Colporteur). Par ailleurs, il y a une volonté de communiquer sur la démarche auprès des professionnels de santé (séances d’information).

4. Et après

Les resultats
La notion de plus-value existe car : - mettre en place des outils d’évaluation permet une interrogation, une réflexion sur la prise en compte de la douleur avec la possibilité pour chaque professionnel de s’exprimer autour de ce thème. Les outils permettent de travailler avec plus d’objectivité à travers une cotation qui nous aident à mieux "diagnostiquer" la douleur. L’outil d’évaluation de la douleur prend sens au même titre que d’autres outils permettant de situer la personne dans différents domaines comme l’autonomie dans la vie quotidienne, les capacités sociales…. Cet outil est d’autant plus important que des troubles du comportement sont souvent le reflet de douleurs que la personne ne peut exprimer. - la "banalisation" de l’accès aux soins a déjà permis un mieux autour des actes médicaux de base et beaucoup d’adultes acceptent progressivement les quelques examens proposés. Des difficultés subsistent néanmoins quand il s’agit d’un examen vécu comme une intrusion (otoscope, miroir dentaire,…). - les outils concernant la douleur sont transmis au Foyer de vie de l’association et une réflexion commune est mise en place. - une proposition d’information sur la douleur est envisagée à l’ESAT de l’association avec des tests d’autres outils d’évaluation, le "niveau intellectuel et de verbalisation" étant différent. Il s’agit aussi de sensibiliser les différents acteurs usagers mais aussi professionnels sur" le droit à dire que l’on a mal" afin d’éviter des dégradations de situations médicales.

Evaluation et suivi
Ce travail prend du temps si l’on souhaite d’une part qu’il aboutisse et soit utilisable. D’autre part, il est nécessaire de sensibiliser les professionnels de l’accompagnement à cette démarche afin qu’ils puissent en percevoir les enjeux. Cependant, les outils utilisés laissent place à la créativité d’une équipe et sont facilement adaptables en fonction des objectifs recherchés.

En ce qui concerne la préparation de l’accès aux soins, il reste des étapes à franchir en fonction de chaque adulte et de son cheminement. Par exemple, nous n’avons pas encore travaillé la consultation sur table d’examen, nous réfléchissons à comment simuler une échographie (il est probable que nous utiliserons un vieil ordinateur et sa souris), idem pour l’électrocardiogramme.

Une élève infirmière devrait tenir normalement dans les mois à venir le rôle "d’étranger" proposant la consultation en portant une blouse.

Pour ceux qui ont accepté le positionnement du miroir dans la bouche, il nous reste maintenant à travailler sur le temps d’acceptation en mettant probablement en place un time-timer de façon à mesurer le seuil de tolérance et à proposer des soins dentaires adaptés dans la durée. Un travail reste à faire en collaboration avec les professionnels de santé amenés à recevoir nos résidents. Pour cela, la place du médecin coordonateur est à prendre en compte dans cette démarche. Il est envisagé de proposer des actions d’information au sein du milieu sanitaire local.

Quelques conseils et témoignages
Il est important de se dire que le temps passé en amont est du temps qui sera peut-être gagné plus tard, que travailler sur une banalisation de l’acte médical peut rendre une consultation moins anxiogène et perturbatrice pour la personne. Ces actions visent avant tout à lui permettre cet accès aux soins auxquels elle a droit. Enfin, il faut faire confiance à la fonction créative du groupe et penser à "renforcer" le comportement d’une personne qui aura pu surmonter sa crainte. Peu importe la durée de la séance, l’essentiel étant que la personne puisse franchir à nouveau la porte de l’infirmerie avec un minimum et idéalement aucune appréhension. Pour ensuite franchir d’autres portes…

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